Elle est née à Clichy la Garenne. Elle n’y est pas restée très longtemps puisqu’à l’âge de dix huit mois, elle s’est envolée avec sa famille vers Casablanca. C’est donc dans les paysages et les rivages de ce merveilleux pays qu’est le Maroc, que se sont emmagasinées ses visions de lumières, de brillances et de chatoyantes couleurs que l’on trouve dans ses oeuvres. Chaque année, en été c’est le retour vers le Sud de la France, avec la traversée en voiture de l’Espagne, selon un itinéraire toujours différent!

Le retour définitif en France est un arrachement, elle a neuf ans. Elle se console en écrivant des textes, des poèmes, invente des personnages. Son premier public sera sa soeur. Malgré les changements successifs de lieux d’habitation, c’est une élève sérieuse, docile un peu timide. A la maison elle est espiègle et confectionne en toute occasion des décorations en forme de mandalas.
Attirée par l’étude du corps humain, elle s’intéresse à la biologie et aux sciences naturelles.

Elle obtient son baccalauréat scientifique à Limoges puis s’installe toujours avec sa famille à Toulouse. Elle s’inscrit en médecine mais elle s’aperçoit très vite que ce n’est pas par la classification et l’énumération des os du squelette qu’elle a envie d’aborder la connaissance humaine mais plutôt par l’observation et la retranscription de ses visions. C’est Claude Jeanmart, peintre et pédagogue qui la poussera à aller à Paris où elle suit des cours aux Beaux-Arts et à l’Université Paris 1 où elle obtient la Maîtrise d’Arts Plastiques en 1980.

Elle fait en 79 un voyage de plusieurs mois en Afrique qui la mènera au Niger, Mali, Bénin, Togo, Ghana. De cette terre de contrastes violents où le sublime cotoie le sordide, elle ramènera des croquis, des souvenirs, des odeurs.

De ses études, elle garde un excellent souvenir: un lieu bouillonnant d’idées et de réflexions.

Alors qu’elle n’a pratiquement jamais mis les pieds sur un voilier, elle saisit une occasion et s’embarque comme co-équipière sur un voilier vers les Antilles, via les côtes espagnoles, les îles Canaries. C’est le bonheur des souvenirs d’enfance et de liberté retrouvé: une vie en phase avec les éléments naturels, le flux, la transparence, la lumière, le soleil, l’eau. Les cycles cosmiques qui se répètent inlassablement l’apaisent Le retour se fera par les Açores. Elle se fixe à Toulouse et décide de se mettre sérieusement à peindre car c’est ce voyage qui aura été le déclencheur dans un désir de partage de l’expérience vécue. Dans le même temps, elle retrouve Claude Jeanmart et le chorégraphe Jean-Marc Matos avec lesquels elle poursuivra des recherches sur le corps en mouvement.

Pour vivre et payer le prix du loyer de son atelier, en 1985, elle crée un atelier où elle développe une pédagogie basée sur l’entraînement de la perception visuelle à mémoriser des formes en mouvement, dans une pratique du dessin en relation avec un contexte musical.

En quête de sens et d’un profond besoin de spiritualité elle pratique divers types de méditation, prières, suit des cours de pratique corporelle issues des Arts Martiaux, comme le Taïchindo et s’intéresse à la culture tibétaine et bouddhique.

Elle participe à des expositions au Musée d’Art Moderne de Toulouse (Réfectoire des Jacobins), puis en Allemagne, à Nice, à Barcelone…

La rencontre avec des outils différents, palette graphique, logiciels de retouche d’images 2D puis la 3D et l’animation se fera vers 86 et fera évoluer sa pratique vers la notion d’installation. En 1993, elle fait un voyage de deux mois aux Etats-Unis: Floride, Californie, d’une côte à l’autre. Au retour sa vision des choses a totalement changé et c’est la certitude qu’il faut sauter le pas et s’acheminer vers l’utilisation de nouveaux outils qui seuls permettront des réponses à ce qu’elle veut exprimer: les flux, les transformations, les changements de postures mentales ou physiques. Le livre du Yi-King devient sa Bible.

Elle poursuit son travail au sein de l’atelier d’Art 3000 et participe en 1994 avec une installation intitulée : "Hexagramme" à l’exposition inaugurale de cet atelier, à Paris.

C’est avec la réalisation en 1995, de la première version d’une installation en réalité virtuelle: "CENTRE-LUMIERE-BLEU" qui a été présentée au Carrousel du Louvre, à la première Biennale de Metz et au Futuroscope de Poitiers, qu’elle franchit définitivement le pas vers l’utilisation de technologies sophistiquées dans son travail au détriment des techniques traditionnelles.

C’est à ce moment, en 94 parce qu’il n’existe pas de pur hazard qu’intervient sa rencontre avec Fred Forest qui l’invite, en janvier 1996, à participer à son séminaire au Musée d’Art Moderne de la Ville de Nice.

La deuxième version de "CENTRE-LUMIERE-BLEU" sera présentée au salon F.A.U.S.T (Forum des Arts de l’Univers Scientifique et Technologique) à Toulouse en octobre 96, à la Cité des Sciences et de l’Industrie à Paris en janvier 1997 puis au 1° Festival Art et Technologie de Compiègne en mars 98 et à l’Espace Landowski de Boulogne-Billancourt pour "Art Virtuel, créations interactives et multisensorielles", dont le commissaire est Frank Popper et à laquelle participe aussi Fred Forest.



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